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Jardin chinois, une représentation du monde...
Lorsque le jardin à la française ressemble à des tapis avec ses
arbustes sculptés et ses parterres de fleurs aux multiples dessins,
le jardin chinois lui s'inspire de la Nature et s'intellectualise.
Le jardin est l'inspiration des lettrés chinois. Il est objet de
contemplation et de pur plaisir de lettrés.
Le symbole chinois du jardin :
yuan = jardin (formé de)
robe traînante (et de)
wei = enclos
Le calligramme étant toujours entouré d'un carré,
le jardin s'entoure également d'un carré. Les murs des parties bâties
l'entourent et donnent ainsi le cadre au jardin, parce que pour
les chinois, le contact avec la Nature est magnifié lorsqu'elle
est construite. Le cadre, enclos, est un symbole d'intimité. Les
japonais ont recopié cet art du jardin chinois, mais ils ont anénantis
le cadre.
Le jardin chinois c'est des successions panoramiques, des
allées en courbes, des fenêtres et des portes qui viennent
casser la perspective ; c'est comme s'il y avait plusieurs
jardins dans un seul jardin. Il y a projection de l'extérieur dans
l'intérieur. La fenêtre et la porte dans le jardin sont à la fois
une séparation et une ouverture qui donnent des points de vue. Leur
cadre découpe le paysage en formes diverses. La plus sublime des
portes est sans contest la porte ronde : la porte lune. Elle
est le pur chef d'oeuvre du jardin où le jeu du soleil la
fait disparaître pour ne montrer que la végétation.
Le principe du jardin chinois est un principe pictural naturel,
une boîte à paysage : on y trouve représentés (tao) la
montagne et l'eau, c'est à dire le ying et le yang : les montagnes
soutiennent les paysages et aident le spectateur à se tenir ; alors
les chinois mettent des petites montagnes dans le jardin.
L'eau et la montagne dans le jardin
L'eau
est représentée en tant que flux et non en tant qu'élément : elle
est ainsi représentée par du feuillage en forme de flux.
L'eau est donc idéalisée c'est-à-dire réduite à l'état d'idée. Chez
les japonnais, l'idée de l'eau est donnée également, mais par des
jardins de sable ratissé. Le jardin invite à regarder l'invisible,
regarder le flux de la vie dans les feuilles qui en sont son animation.
La
montagne est une porte pour passer à autre chose. Les japonnais
ont recopié cette idée avec le bonzaï : paysage
en pot (arbre et pierre).
Dans les étangs les fleurs de lotus créé un moutonnement
vert et les bâtiments qui l'entourent deviennent à leur tour
des montagnes.
Des Orchidées dans le jardin
Et
quelque part dans le jardin, au goût du maître des lieux,
prône un grand massif d'Orchidées, appelées
communément "les têtes de tigre". Les lettrés,
les poêtes et les peintres se sentent proches des Orchidées,
parce que comme ces fleurs, ils recherchent la solitude et le détachement
social.
Le jardin chinois à pour fin de produire de la beauté à l'intérieur
de celui qui le regarde. Il vaut plus, par ce qu'il dit, que
par ce qu'il est.
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Les fenêtres et les portes donnant sur le jardin
Les fenêtres et les portes sont comme des tableaux qui changent
au cours de la journée et des saisons, en fonction de la lumière
du soleil. Les lattis et les claire-voies qui les parent jouent
avec la lumière et avec l'extérieur, leurs ombres dessinant des
calligrammes et des tapis sur le sol, ou des tableaux sur les murs
de l'intérieur. Plus étonnant encore, il y a correspondance
entre les ombres et les sculptures du mobilier.
Les 4 saisons représentées dans le jardin
Il y aura dans le jardin chinois 4 montagnes de formes différentes
pour évoquer le flux saisonnier :
> La montagne du printemps
Elle a un aspect d'asperge et est placée à l'ouest dans le jardin
pour recevoir la lumière de l'est, soit du matin ; c'est le
"qi" printanier.
> La montagne d'été
Elle est une boursoufflure du yang ; les asperges deviennent
"chou-fleurdesques". Elle est placée dans la partie
nord du jardin.
> La montagne de l'automne
Elle a un sommet plat ; il n'y a plus de poussée du yang. Elle
est placée dans la partie ouest du jardin.
> La montagne de l'hiver
Elle est comme un mont enneigé, toute en rondeurs et replis,
ressemblant à une grosse couette duveteuse pour y hiberner.
On on peut même entrer dans cette montagne parce qu'elle
a des trous. C'est la culmination du ying. Elle se trouve au
sud, la partie la plus sèche du jardin.
Au pied de ces montagnes, il y a toujours l'eau représentée par
les feuilles.
Une petite histoire de jardin
Le professeur Yang de l'institut botanique du Yunan raconta un
jour à Yves Paccalet, naturaliste-écrivain :
"Un jour, par un matin de printemps, je suis allé
sur la montagne et j'ai senti un parfum féérique.
J'ai cherché longtemps et j'ai trouvé dans un
buisson une Orchidée, ma première Orchidée.
Je l'ai ramenée chez moi et installée dans un
coin du jardin à l'ombre. Et tous mes amis qui venaient
chez moi me demandaient : d'où vient ce parfum merveilleux
?"
Quand il eut fini cette phrase, il souriait silencieux comme
s'il revivait alors les moments de bonheur et de sublime qu'avait
produit son Orchidée sur lui et ses amis.
(Extrait du film-documentaire de Didier Fassio,
"Les Chercheurs d'Orchidées aux Confins de la Chine").
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"Lorsque deux êtres se comprennent
dans l'intimité de leur coeur,
leurs paroles sont douces et fortes
comme un parfum d'Orchidée."
Confucius
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